„Ce qui doit être répondu“

Poème du Claude Salama. Il est demandé des volontaires pour de bonnes traductions du poème en hébreu, anglais, allemand.

Que dois-je répondre à Gunther Grass ?…

Je cherche
Je réfléchis
Je pèse et soupèse chaque lettre
Je les scrute une à une
Je les assemble avec prudence…
Ils sont si nombreux,
prêts à s’emparer de chaque mot,
de chaque phrase,
pour déformer,
nous accabler,
nous condamner.

Que puis-je te répondre, Gunther ?
Un abîme nous sépare…

Moi,
revenu à Jérusalem,
parce que je crois
en toutes ces vieilleries,
ces momies pétrifiées,
sorties des musées de l’exil,
et soudain revivifiées…la Bible,
les Prophètes, la Terre Promise
et même, au risque de te paraître démodé,
en D.ieu…

Moi,
rentré à Jérusalem,
avec aussi l’espoir
de m’asseoir,
peut-être, un jour,
pour boire
avec des amis arabes,
un verre de thé
à Ramallah…

Un abîme nous sépare…

Toi,
poète allemand,
attiré déjà à 17 ans
par les sous-marins,
ceux d’hitler,
qui semaient la mort
sur les océans.

Tu étais un SS,
une erreur de jeunesse…
Pour nous c’était la Shoah
un grand feu allumé
par les nazis, par les SS,
pour notre jeunesse,
pour le peuple de la Bible

Que puis-je répondre, Gunther,
à toi qui te qualifie, effrontément,
de survivant ?

Cet abîme qui nous sépare,
que ton Allemagne a creusé,
les chefs de l’Iran,
ces hommes pleins de foi
hurlent tous les jours
qu’ils veulent encore y jeter
le Peuple des survivants,
les vrais,
le peuple d’Israël.

Ils veulent des bombes atomiques,
à but pacifique
Ils veulent des missiles longue portée
à but œcuménique
pour un objectif clair
faire régner la paix sur la terre…
la paix des cimetières.

Non pas la paix de l’Islam authentique,
partagée avec les Juifs,
celle de l’Andalousie,
de la poésie,
de la mystique,
de la musique.

Ils veulent la paix des talibans
des femmes apeurées, battues, enfermées, lapidées,
endeuillées de voiles noirs
la paix des milliers d’enfants jetés
dans la guerre contre l’Irak
la paix du peuple iranien
ce peuple civilisé
soulevé, lui le premier, contre les dictateurs
des hommes, des femmes, des enfants, des étudiants
battus, violés, séquestrés.
La paix de tout un peuple muselé …

Que dire que tu puisses enfin comprendre ?

Qu’Israël, ce pays immense,
est plus petit qu’en France,
la Normandie…ou la Bretagne…
qu’il est aussi grand, aussi immense, que la petite Lorraine
ou le Land allemand de Hesse…
Te dire que l’Iran et la Turquie ensemble
ont la même population que la Russie….

La Russie contre la Lorraine !….

Et qu’il y a aussi la Syrie, l’Irak, le Hezbollah, le Hamas, Gaza et ses milliers de fusées, le Sinaï empli de terroristes, la paix égyptienne qui tangue, et plus loin encore d’autres états islamistes…la surface de l’Europe…

L’Europe entière contre la Lorraine !…

Alors pardonne-moi, Gunther,
mais je ne veux pas
nous ne voulons pas
tomber dans cet abîme
qui nous sépare de toi,
parce que nous savons
que nous trouverons
au fond de ce gouffre
les millions de corps des Juifs
qu’hitler, les SS, et l’Allemagne nazie ont assassinés

Et vois-tu, maintenant, Gunther,
j’ai trouvé ce que je voulais te dire !

Prends ton poème
et va le porter en Iran.
On t’y attend déjà, les bras ouverts,
pour te féliciter.
Dis-leur que le Peuple d’Israël veut la paix
mais que si leurs dirigeants
leurs chefs militaires
continuent à nous menacer
de l’extermination atomique
nous ne le leur permettrons pas de construire
les armes pour nous détruire

Nous n’écraserons pas le peuple iranien,
comme tu le dis misérablement,
Nous supprimerons
les centres nucléaires
avant qu’il ne soit trop tard
avec l’espoir de libérer
ce grand peuple enchaîné

Va dire à tes amis
que nous avons, eux et nous, le même Dieu
et qu’ils ouvrent leurs yeux
et leurs oreilles
Dieu s’est déjà prononcé
en notre faveur
Il nous a rendu
le pays de lait et de miel
Les six millions de Juifs,
que les nazis ont brûlés,
sont maintenant vivants, en Israël.
Il y maintenant ici six millions de Juifs !
Ils ont ressuscité
comme le Prophète Ezéchiel l’a annoncé

Annonce partout la bonne nouvelle :
Israël ressuscite !
Jérusalem est reconstruite !

Et je voudrais te dire aussi ma tristesse

Tu es un grand écrivain allemand
A 84 ans, ancien SS repenti,
tu as tout vu, tout entendu.
Tu sais tout.
Tu aurais pu te dresser pour dire la vérité.
Aux négationnistes la vérité de la Shoah !
Aux Iraniens la vérité de leur projet nucléaire
mortifère pour toute l’humanité !
Toi, « une conscience », un prix Nobel,
tu aurais pu payer ta dette de jeunesse, d’ancien SS,
défendre haut et fort Israël
Toi qui a vu toute notre souffrance
Tu aurais prouvé que tu as vraiment changé,
que l’Allemagne a changé…

Mais tu ne l’as pas fait

Tu as préféré te joindre à la meute
qui gronde, qui hurle avec les loups
qui entourent ce petit pays courageux

C’est pourquoi je n’ai désormais plus rien à te dire
Epargne nous tes états d’âme
Et sache Gunther Grass
que je continuerai à rêver,
malgré toi, malgré tout,
au jour où je pourrai,
sans risquer d’être lynché,
m’asseoir
pour boire
avec des amis arabes,
un verre de thé
à Ramallah.

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